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WE WON, OH YEAAAH!

WE WON, OH YEAAAH!
Il le fallait, c'était maintenant ou jamais. Je n'aurais pas pu attendre une année de plus, ni même trois mois, ça m'aurait achevée. Tu sais le temps écrase les gens sans scrupules, sauf si on décide d'être plus fort que lui. Enfin, que dis-je ? Même si on désire mener ce combat, nous ne sommes jamais certains d'en ressortir gagnants. Mais nous, on a gagné, oui nous on a gagné. On a lutté pendant huit ans. Huit ans c'est long, la vie c'était long sans toi. Beaucoup de choses ont perdu leur sens. Moi j'étais là, à je ne sais combien de kilomètres de toi, et je voulais simplement te retrouver, quoi qu'il arrive. Je savais que ça serait dur, que je me prendrais sûrement des tôles à un moment ou à un autre, mais je ne comptais pas lâcher prise. J'y croyais. L'espoir, comme l'écriture, sauve bien des causes tu sais ? Combien de fois ai-je pensé à toi sans pouvoir te le dire ? Combien de fois ai-je voulu t'écrire sans y parvenir ? Combien de fois ai-je eu envie de crier car l'espoir s'éloignait ? Combien de questions comme celles-ci je me suis posée en huit ans ? Tu ne m'as pas quittée. A aucun moment je ne t'ai perdu. L'espoir s'affaiblissait, c'est tout, mais il était là. On résistait ensemble. Le temps était un sacré adversaire, combien de bleus nous a-t-il laissés en héritage ? Qui se rend compte de ces blessures que l'on camoufle la plupart du temps ? Les coups ce n'est pas grave, bien sûr que j'ai eu peur, mais je n'ai pas chuté. Peu importe le temps que cela m'aurait pris, peu importe les larmes que je risquais de verser, j'allais y arriver, je savais qu'un jour je t'aurais en face de moi. Je me le disais souvent. Je le répétais même, pour apaiser ma peine, et alors je m'endormais sans craintes, mais parfois il m'arrivait de te croiser dans un rêve... Et le matin au réveil, j'étais un pauvre corps branlant submergé par la défaite ! Cela ne durerait pas, car je voulais combattre encore, combattre plus fort. Je n'ai pas saigné pour rien, j'ai eu raison de tant espérer puisque nous nous sommes retrouvés. C'était un soir, tard dans la nuit, il faisait noir mais Paris ne s'endort jamais. Mon coeur battait tellement fort. J'allais vers toi et il est vrai que j'aurais pu courir... mais non, moi je n'aime pas courir. Je ne cours pour personne. Je me disais dans ma tete que j'avais imaginé cette scène un million de fois, que je rêvais d'avoir les bons mots, et peut-être que les un million de fois ne m'ont pas suffit puisque je ne les ai pas trouvés. J'avais peur que trop de choses nous séparent, pourtant si près l'un de l'autre, c'était bien toi, facilement reconnaissable. Toujours aussi beau. Et moi j'avais les yeux brillants, j'étais sous le choc. J'aurais pu pleurer, j'aurais du pleurer pour que la douleur et la joie émanent de moi, mais au lieu de ça je t'ai souri simplement, pourtant si émue... Ce n'était pas un mirage, alors pourquoi ne t'ai-je pas serré dans mes bras, pour tuer cette distance qui m'avait tant usée ? Comment rattraper huit ans en une heure vingt ? Comment décrire cet instant ? Cet instant d'éternité que je ne demande qu'à revivre. Et parce que je ne suis pas de ceux qui se taisent, sache que je t'aime, et que c'est beau de vivre rien que pour ces moments-là, où l'amour règne dans nos mots, où nos mots règnent dans l'amour.

# Posté le lundi 29 septembre 2008 16:04

Modifié le dimanche 08 mars 2009 03:28

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